Introduction à la Grammaire Arabe : Définition du Kalam et ses Parties

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu, le Créateur du monde. Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps ; rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent. Et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre Maître Mouḥammad Al-’Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ’Adam ʿalayhi s-salām au dernier Mouḥammad ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam.

L’auteur de ce célèbre précis de grammaire arabe Al-Ajroūmiyyah commence par définir ce qu’est la parole selon les grammairiens :

الكلامُ هُوَ : اللَّفْظُ المُرَكَبُ المفيدُ بالوضْعِ

(al-kalāmou houwa : al-lafḍhou l-mourakkabbou l-moufīdou bi l-waḍḍʿ)

ce qui signifie : « La parole est le son qui comprend des lettres, composé de deux mots ou plus, qui donne un sens complet sur lequel il est correct de se taire, et qui est conforme à l’usage de la langue arabe ».

(اللَّفْظُ المُرَكَبُ المفيدُ بالوضْعِ) 

signifie que la parole chez les grammairiens est le son (al-lafḍh) jusqu'à la fin de la définition.

Le son (al-lafḍh) est la voix qui contient certaines lettres de l’alphabet, comme le nom Zayd. En effet, c'est un son qui contient les lettres zāy, yā’ et dāl. S'il ne contient pas de lettres, comme le son du tambour, il n'est pas appelé « lafḍh ». Ainsi, est exclu du terme « lafḍh » ce qui est bénéfique sans être un son, comme le signe, l'écriture, le calcul par les doigts ou les stèles ; ces choses ne sont pas appelées « parole » chez les grammairiens.

Le composé (al-mourakkab) est ce qui est formé de deux mots ou plus, comme « qāma Zayd » (Zayd s’est levé) ou « Zayd qā’im » (Zayd est debout). Le premier exemple est composé d'un verbe et d'un sujet (fāʿil), et tout sujet est au cas sujet (marfoūʿ). Le second exemple est composé d'un début de phrase (moubtada’) et d'une information (khabar), et tout début de phrase est au cas sujet par le fait d'être au début, et toute information est au cas sujet par le début de phrase. Est exclu du terme « composé » le mot simple comme Zayd, lequel n'est pas non plus appelé « parole » chez les grammairiens.

Le bénéfique (al-moufīd) est ce qui apporte un sens complet sur lequel il est correct de se taire, de la part du locuteur et de l'auditeur, comme « qāma Zayd » et « Zayd qā’im ». En effet, chacun des deux a apporté un sens complet sur lequel il est correct de se taire de la part du locuteur et de l'auditeur, à savoir l'information sur le lever de Zayd. Car l'auditeur, lorsqu'il entend cela, n'attend pas une autre chose dont dépendrait la complétude de la parole, et le silence du locuteur est également correct. Est exclu du terme « bénéfique » le composé non bénéfique tel que « ghoulāmou Zayd » (l'esclave de Zayd) sans qu'une chose ne lui soit attribuée, ou encore « ’in qāma Zayd » (si Zayd se lève). En effet, la complétude du sens dans ce dernier cas dépend de la mention de la réponse à la condition ; ainsi, aucun de ces deux exemples n'est appelé « parole » chez les grammairiens.

Et sa parole (بالوضع bi l-waḍḍʿ) a été expliquée par certains comme étant l'intention (al-qaṣd) ; ainsi est exclu ce qui n'est pas intentionnel comme la parole de celui qui dort ou de celui qui est distrait, cela n'est pas appelé « parole » chez les grammairiens. D'autres l'ont expliquée par l'usage arabe, ainsi est exclue la parole des non-arabes comme les Turcs ou les Berbères, cela n'est pas appelé « parole » chez les grammairiens.

L'exemple de ce qui réunit les quatre conditions est : « qāma Zayd » et « Zayd qā’im ». Le premier exemple est un verbe et un sujet, le second est un début de phrase et une information. Chacun de ces deux exemples est un son, composé, bénéfique et conforme à l'usage, il s'agit donc d'une parole.

L’auteur poursuit en précisant les parties de la parole :

« وأقسامُهُ ثلاثةٌ : اسمٌ وفعلٌ وحرفٌ »

(wa ’aqṣāmouhou thalāthah : ismoun wa fiʿloun wa ḥarfoun)

ce qui signifie : « Et ses parties sont au nombre de trois : le nom, le verbe et la particule ». Cela signifie que les parties de la parole dont elle se compose sont au nombre de trois :

La première est le nom (al-ism) : c'est un mot qui indique un sens en lui-même et qui n’est pas lié au temps par sa structure, comme Zayd, moi (anā) et ceci (hadhā).

La deuxième est le verbe (al-fiʿl) : c'est un mot qui indique un sens en lui-même et qui est lié au temps par sa structure. Si ce mot indique un temps passé, c'est alors le verbe au passé (al-fiʿlou l-māḍī) comme « qāma ». S'il indique un temps qui supporte le présent ou le futur, c'est le verbe au présent (al-fiʿlou l-mouḍāriʿ) comme « yaqoūmou ». S'il indique la demande d'une chose dans le futur, c'est le verbe à l'impératif (fiʿlou l-’amr) comme « qoum ».

La troisième est la particule (al-ḥarf) : c'est un mot qui indique un sens dans autre que lui, comme « ’ilā » (vers), « hal » (est-ce que) et « lam » (ne pas).

....جاء لمعنى.

Et sa parole (jā’a limaʿnā) signifie par là que la particule n'intervient dans la composition de la parole que si elle possède un sens comme « hal » et « lam ». En effet, « hal » a pour sens l'interrogation et « lam » a pour sens la négation. Si elle n'a pas de sens, elle n'entre pas dans la composition de la parole, comme les lettres de construction (ḥouroūfou l-mabānī) telles que le zāy de Zayd, son yā’ et son dāl. Chacune d'entre elles est une lettre de construction et non une lettre de sens.

Le nom se reconnaît par la flexion casuelle indirecte (al-khafḍh), le nunnation (at-tanwīn), l'entrée de l'article (al) et les lettres de flexion indirecte.

وَهِيَ : مِنْ وإِلَى وعن وعلى وَفِي وَرُبّ وَالْبَاءُ والْكَافُ وَالَّلامُ، وَحُرُوفُ الْقَسَمِ وَهِيَ الْوَاوُ وَالْبَاءُ وَالتَّاءُ.

(wa hiya : min wa ’ilā wa ʿan wa ʿalā wa fī wa roubba wa l-bā’ou wa l-kāfou wa l-lām, wa ḥouroūfou l-qasami wa hiya l-wāwou wa l-bā’ou wa t-tā’)

ce qui signifie : « Et elles sont : de (min), vers (’ilā), au sujet de/de (ʿan), sur (ʿalā), dans (fī), maint (roubba), la lettre bā’, la lettre kāf, la lettre lām, et les lettres du serment qui sont le wāw, le bā’ et le tā’ ».

فالاسم يعرف بالخفض والتنوين ودخول الألف واللام وحروف الخفض

(fa l-ismou youʿrafou bi l-khafḍhi wa t-tanwīni wa doukhoūli l-’alifi wa l-lām wa ḥouroūfou l-khafḍh)

Cela signifie que le nom se distingue du verbe et de la particule par :

Le « khafḍh » comme dans : « marartou bi Zaydin » (je suis passé par Zayd) et « ghoulāmi Zaydin » (l'esclave de Zayd). Zayd qui est au cas indirect par la lettre bā’ ainsi que « ghoulām » sont des noms en raison de la présence du « khafḍh ».

Le « tanwīn » comme dans : Zaydoun et rajouloun. Zayd et rajoul sont chacun un nom en raison de la présence du tanwīn en eux. Le tanwīn est un noūn sans voyelle qui rejoint la fin du mot à l'oral mais pas à l'écrit.

L'entrée de l'article (al) comme dans : « ar-rajoulou » et « al-ghoulāmou ». Chacun d'eux est un nom en raison de l'entrée de « al » sur eux.

Les lettres de flexion indirecte comme dans : « marartou bi Zaydin wa rajoulin ». Chacun d'eux est un nom en raison de l'entrée de la lettre de flexion indirecte sur eux, qui est le bā’.

Ensuite, il a mentionné un ensemble de lettres de flexion indirecte et a dit : (Et elles sont : min et ’ilā) comme dans : « sirtou mina l-Baṣrati ’ila l-Koūfati » (je suis allé de Bassora à Koufa). Al-Baṣrah et al-Koūfah sont chacun un nom en raison de l'entrée de « min » sur le premier et de « ’ilā » sur le second.

(wa ʿan) comme dans : « ramaytou s-sahma ʿani l-qaws » (j'ai tiré la flèche de l'arc). Al-qaws est un nom en raison de l'entrée de « ʿan » sur lui.

(wa ʿalā) comme dans : « rakibtou ʿala l-faras » (je suis monté sur le cheval). Al-faras est un nom en raison de l'entrée de « ʿalā » sur lui.

(wa fī) comme dans : « al-mā’ou fi l-koūz » (l'eau est dans le récipient). Al-koūz est un nom en raison de l'entrée de « fī » sur lui.

(wa roubba) comme dans : « roubba rajoulin karīmin laqītahou » (maint homme généreux j'ai rencontré). Rajoul est un nom en raison de l'entrée de « roubba » sur lui.

(wa l-bā’ou) comme dans : « marartou bi Zaydin ». Zayd est un nom en raison de l'entrée de la lettre bā’ sur lui.

(wa l-kāfou) comme dans : « Zaydoun ka l-badri » (Zayd est comme la pleine lune). Al-badr est un nom en raison de l'entrée de la lettre kāf sur lui.

(wa l-lāmou) comme dans : « al-mālou li Zaydin » (le bien appartient à Zayd). Zayd est un nom en raison de l'entrée de la lettre lām sur lui.

(wa ḥouroūfou l-qasam) qui font partie de l'ensemble des lettres de flexion indirecte et sont utilisées pour le serment (et elles sont : le wāw, le bā’ et le tā’) comme dans : « wa l-Lāhi », « bi l-Lāhi » et « ta l-Lāhi ». Le nom de majesté est un nom en raison de l'entrée des lettres du serment sur lui.

.....والْفِعْلُ يُعْرَفُ ِبِقَدْ والسِّينْ وسَوْفَ وَتَاءِ التَّأنِيثِ السَّاكِنَةِ والْحَرْفُ مَا لا يَصْلُحُ مَعَهُ دَلِيلُ الاسْمِ ولا دَلِيلُ الْفِعْلِ.

(wa l-fiʿlou youʿrafou bi qad wa s-sīni wa sawfa wa tā’i t-ta’nīthi s-sākinah)

Cela signifie que le verbe se distingue du nom et de la particule par l'entrée de « qad » sur lui. Elle entre sur le passé comme dans : « qad qāma Zaydoun » et sur le présent comme dans : « qad yaqoūmou Zaydoun ». Chacun de « qāma » et « yaqoūmou » est un verbe en raison de l'entrée de « qad » sur lui.

Le sīn et sawfa sont spécifiques au présent comme dans : « sayaqoūmou Zaydoun » et « sawfa yaqoūmou Zaydoun ». « yaqoūmou » est un verbe au présent en raison de l'entrée du sīn et de sawfa sur lui.

Le tā’ du féminin sans voyelle est spécifique au passé comme dans : « qāmat Hindoun ». « qāma » est un verbe au passé en raison de la jonction du tā’ à lui.

والحرف ما لا يصلح معه دليل الاسم ولا دليل الفعل

(wa l-ḥarfou mā lā yaṣlouḥou maʿahou dalīlou l-ismi wa lā dalīlou l-fiʿl)

Cela signifie que la particule se distingue du nom et du verbe par le fait qu'elle n'accepte rien des signes du nom ni rien des signes du verbe, comme « hal », « fī » et « lam ». En effet, elles n'acceptent rien de cela. Son signe est donc de ne pas accepter les signes qui sont propres au nom et au verbe. Le savant Al-Ḥarīriyy a dit dans Moulḥatou l-’Iʿrāb :

« وَالْحَرْفُ مَا لَيْسَتْ لَهُ عَلَامَهْ ~ فَقِسْ عَلَى قَوْلِي تَكُنْ عَلَّامَهْ »

(wa l-ḥarfou mā laysat lahou ʿalāmah ~ faqis ʿalā qawlī takoun ʿallāmah)

ce qui signifie : « La particule est ce qui n’a pas de signe, alors base-toi sur ma parole et tu seras un grand savant ».

C'est-à-dire ce qui n'a pas de signe existant, mais son signe est une absence. L'exemple de cela est le jīm, le khā’ et le ḥā’. Le jīm a pour signe un point en dessous, le khā’ a pour signe un point au-dessus, et le ḥā’ a pour signe l'absence de point en dessous et au-dessus.

Et Allāh sait plus que tout autre et Sa sagesse est parfaite.

La suite prochainement inchā’al-Lāh

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